Les larmes

On pleure toujours un peu quand une mission se termine.

D’abord parce que la tension retombe. Pendant des mois, elle a été contenue, canalisée, transformée en décisions et en actions. Même lorsque la situation s’est nettement améliorée pour le client, cela ne se fait jamais sans quelques traces intérieures. Le départ marque simplement le moment où l’on peut enfin relâcher.

Et puis il y a les personnes. Certaines laissent une empreinte durable, d’autres resteront des compagnons d’une aventure exigeante. Même les plus difficiles finissent par trouver leur place dans le souvenir. On s’est habitué à travailler ensemble, à penser ensemble, parfois à se faire confiance. Et pourtant il faut partir : la mission est terminée.

Il reste aussi le sentiment d’avoir traversé quelque chose d’intense. Ce n’était pas toujours confortable, rarement simple, mais profondément vivant. J’aime ce métier. Ceux qui me lisent le savent déjà.

On pleure enfin parce qu’après quelques jours de repos, vient toujours le moment de repartir. Parce qu’il y a toujours, quelque part, une organisation qui doit retrouver une trajectoire, et quelqu’un qui se dit qu’un renfort expérimenté serait utile.

On laisse simplement sortir l’émotion contenue pour faire de la place à la prochaine mission.

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